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« Mignet achevait l’histoire de sa « Révolution française » par l’abdication de Fontainebleau et la
« Déclaration de Saint-Ouen » du 2 juin 1814 par laquelle le futur monarque garantissait à la France
des institutions représentatives. À quatre jours d’intervalle, celui qui fut Napoléon Ier embarquait
pour l’île d’Elbe (20 avril 1814) et celui qui sera Louis XVIII débarquait à Calais (24 avril 1814).
Le départ de l’Empereur et le retour de Louis, frère du dernier roi de France le jour même ou paraissait,
dans Le Moniteur, l’acte de cession aux coalisés des places fortes, armes et munitions de l’armée
française, marquaient la fin d’un cycle. Avec la fin de l’Empire et le départ de Napoléon, c’est la
période révolutionnaire qui prend fin. Napoléon voyait en son règne à la fois l’accomplissement et
l’achèvement de l’œuvre révolutionnaire et en l’Empire comme la perpétuation d’une République
héréditaire qui ne sera jamais. La grande Révolution défunte, viendra le temps des guerres civiles, des
combats de rue. Ni celle de juillet 1830 ni celle de février 1848 ni même l’effroyable Commune qui
mettra Paris à feu et à sang au printemps 1871, ne remplaceront dans les cœurs et les esprits l’hymne
au Renouveau de 1789. Après Napoléon viendra le temps des compromis, politiques, constitutionnels,
sociaux et territoriaux, époque qui s’achèvera dans le sang, qui verra la France et Paris une nouvelle
fois occupés. Le traité de Vienne qui s’annonce placera les nations continentales, comme Bonaparte
avait su si bien le faire par son dépeçage artificiel des peuples européens, sur la pente sinistre qui, de
la plaine de Waterloo, aboutit en droite ligne à la cuvette de Sedan
».

F. Monera, Chronique politique et parlementaire de la France contemporaine de la Révolution à nos jours, Bréal, 2021